Titre

La restauration des sculptures antiques en France au XVIIe siècle: le cas des collections du cardinal de Richelieu, du cardinal Mazarin, et de Louis XIV

Auteur Emeline HEDRICH
Directeur /trice Professeur Lorenz BAUMER
Co-directeur(s) /trice(s) Professeur Pascal GRIENER
Résumé de la thèse Au XVIIe siècle, il était impensable pour les grands collectionneurs de statuaire antique de posséder une œuvre à laquelle il manquerait un morceau. Mon projet de thèse envisage de définir comment et pourquoi les collections d’antiques des cardinaux Richelieu et Mazarin et du roi Louis XIV subissaient une restauration, parfois massive, avant d’être exposées dans leurs palais. En effet, ces collectionneurs voulaient posséder des pièces complètes, auxquelles ne manquaient ni un orteil, ni une jambe, ni a fortiori la tête. Les restaurateurs jouèrent ainsi un rôle essentiel dans la constitution des collections, permettant, par leur travail, à ces amateurs d’art antique de posséder des sculptures sans imperfection aucune. Comment peut-on expliquer ce goût du XVIIe siècle pour les sculptures complètes ? Comment les restaurateurs s’y prenaient-ils pour compléter les pièces à leur disposition ? Et quelle vision de l’Antiquité cette pratique véhiculait-elle ? L’objectif de cette thèse est d’étudier la pratique de la restauration au XVIIe siècle, afin de mieux comprendre son rôle dans la réception de l’Antiquité et dans la constitution des premières grandes collections de sculptures antiques en France, pendant cette période clef correspondant à l’avènement de cette activité en France. Si l’étude de la restauration de sculptures antiques aux XVIIIe et XIXe siècles a donné lieu à de nombreux ouvrages, les recherches concernant le XVIIe siècle restent encore en suspens. En premier lieu, la question des différentes techniques et pratiques de la restauration mérite d’être posée. Il s’agira alors d’autopsier quelques 100 statues antiques issues des collections de Richelieu, Mazarin et Louis XIV, à la recherche de traces de restaurations encore visibles, de même que sur les moulages encore existants. A cette analyse pratique s’ajoute, en second lieu, l’étude des sources archivistiques et littéraires à notre disposition (lettres, gravures, livres sur l’Antiquité et la restauration). Ce dialogue entre théorie et pratique nous permettra de définir précisément la restauration d’antiques en France à ce moment charnière qu’est le XVIIe siècle, puisque c’est alors que naissent ces collections et ces techniques, qui survivront et s’épanouiront les siècles suivants en Europe. Avec son approche théorique et pratique, le sujet intègre des sources, des méthodes et des analyses liées à l’archéologie, l’histoire de l’art et à la muséographie. L’analyse systématique de ces sources à travers des études de cas permettra de contribuer à l’étude de la restauration d’antiques, mais aussi sur son aspect concret au XVIIe siècle, sur l’idéal antique de ce siècle, et sur l’histoire des collections en France.
Statut au milieu
Délai administratif de soutenance de thèse 2022
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