Titre

La pêche au temps des lacustres sur les lacs de Neuchâtel et de Morat (Suisse) du Néolithique moyen au Bronze final : saisonnalité et stratégie. Apports d’analyses ostéométriques et sclérochronologiques basées sur un corpus actuel du lac de Neuchâtel (Provisoire)

Auteur Julien Oppliger
Directeur /trice Marie Besse
Co-directeur(s) /trice(s) Jacqueline Studer (Muséum d'histoire naturelle de Genève)
Résumé de la thèse Les fouilles archéologiques menées sur les rives des lacs suisses ont mis en évidence des successions d’occupations du Néolithique à la fin de l’âge du Bronze. Parmi les vestiges découverts, reflétant le mode de vie des populations humaines, figurent des restes de poissons. Ces derniers faisaient donc partie intégrante de leur alimentation. Cette documentation archéo-ichtyofaunique est dépendante des processus taphonomiques et essentiellement des conditions de fouille (tamisage et tri). En Suisse, seuls trois sites ont livré un matériel abondant qui documentent de manière exceptionnelle l’exploitation des ressources halieutiques. Deux de ces sites feront l'objet de notre étude: les villages littoraux de Saint-Blaise/Bain des Dames (Néolithique final) et d'Hauterive-Champréveyres (âge du Bronze final), au bord du lac de Neuchâtel. Elle sera complétée par l’ajout de deux autres sites moins importants, mais chronologiquement antérieur, Concise-sous-Colachoz (Néolithique moyen - lac de Neuchâtel) et Muntilier-Dorf Strandweg (Néolithique moyen - Lac de Morat). Les restes de poissons découverts se composent d'ossements et d’écailles. Ils nous fournissent des informations sur le choix des espèces capturées, sur l’environnement, sur les modalités de pêche (saisons de captures, taille des poissons…) et sur la consommation. Les espèces exploitées par les lacustres installés sur les rives des lacs de Neuchâtel et de Morat sont avant tout représentées par la perche Perca fluviatilis L., 1758 et le brochet Esox lucius L., 1758. Le cortège ichtyofaunique comprend encore des cyprinidés, surtout le gardon Rutilus rutilus (L., 1758), plus rarement le silure Silurus glanis L., 1758, et exceptionnellement des salmonidés. La croissance d’un poisson est permanente, mais de vitesse variable sous l’effet de paramètres environnementaux biotiques et abiotiques. Les diverses méthodes de la sclérochronologie étudient ces différences d’accroissement périodiques, mises en évidence par l’observation d’annuli sur les otolithes, les écailles, les vertèbres et certains os du crâne. Ces éléments peuvent fournir une estimation de l’âge et de la croissance. L’application de ces méthodes aux vestiges archéo-ichtyologiques, surtout des vertèbres, pour l’estimation de la saisonnalité notamment, ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique. En effet, des difficultés méthodologiques ont été mises en évidence, particulièrement en ce qui concerne la significativité des échantillons, la précision des résultats liée aux variations de la vitesse de croissance et de la fréquente absence de référentiels locaux. Entre 2009-2010, le département d’archéozoologie du Muséum d’histoire naturelle de Genève a constitué une collection de squelettes et d’écailles pour une espèce essentiellement, la perche, pêchés mensuellement dans le lac de Neuchâtel. Les différentes méthodes sclérochronologiques permettront, en prenant en compte certaines précautions méthodologiques, de créer un référentiel actuel pour ce taxon. Ce référentiel, utilisable pour les assemblages archéologiques de Suisse et de ses régions limitrophes, sera ensuite appliqué aux quatre assemblages archéo-ichtyologiques étudiés, pour nous permettre l’analyse de la saison de capture des poissons. Ceci contribuera largement à améliorer nos connaissances de l’exploitation des ressources halieutiques en Suisse à différentes périodes de la préhistoire.
Statut terminé
Délai administratif de soutenance de thèse 2013
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